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LA N-VA n’est pas la bienvenue à la Pride.

publié le 17 mai 2019

Photo : © Renaud Ben Lakhal

Communiqué de presse : LA N-VA n’est pas la bienvenue à la Pride.

Le 28 juin 1969 des révoltes éclataient dans un quartier de New York, au Stonewall Inn, portées par des personnes LGBTQI+, précarisées, non-blanches, travailleur.euse.s du sexe, refusant les répressions policières et étatiques et lançant les premières “Pride” dans le monde.

Aujourd’hui, 50 ans plus tard, à quelques heures de la 24e édition de la Belgian Pride, ce samedi 18 mai 2019 à Bruxelles, le Conseil d’Administration de la RainbowHouse, son équipe et ses membres souhaitent une nouvelle fois s’opposer publiquement à la participation au cortège du parti Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA), comme elle l’a également écartée de son débat politique “Vers de fières élections” le 10 mai 2019.

Nous voudrions rappeler ici que la Pride n’est pas seulement un « événement festif », c’est avant tout une manifestation politique, fondée sur des revendications et un thème annuels, ainsi qu’une charte des valeurs. Participer à la Pride n’est pas un droit mais un engagement politique à soutenir cette charte des valeurs et les exigences du mouvement LGBTQI+ organisateur.

La N-VA a par exemple claqué la porte du gouvernement fédéral, le 8 décembre 2018, sur la base de son refus explicite de soutenir le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières (appelé erronément « de Marrakech ») des Nations Unies. Il faut rappeler que ce Pacte repose entre autre sur les principes consacrés par la Charte des Nations Unies et la Déclaration universelle des droits humains, ce à quoi la Charte de la Pride fait référence, y compris les traités visant spécifiquement à protéger les droits des femmes, à mettre un terme à l’esclavage et à la traite des êtres humains. Il affirme également l’idée que les droits humains doivent s’appliquer de la même manière aux personnes migrantes et demandeuses d’asile, qu’à toute autre personne, c’est-à-dire le principe qui fonde nos revendications de la Pride 2017.

Dans un message polémique sur la lingerie masculine, en août 2018, un membre de la N-VA (Théo Francken) a, par ailleurs, exprimé des propos transphobes stigmatisant des citoyen.ne.s sur base de leur expression de genre (motif de discrimination prévu par la Loi). La Rainbowhouse Brussels et d’autres associations LGBTQI+ ont dénoncé ces propos haineux, comme d’autres sorties racistes, et ont exigé des excuses qui n’ont jamais été présentées.

C’est à tous ces objectifs de stricte application des droits humains que la N-VA a dit non, en contredisant ainsi, entre autre, sa signature présente et passée de la Charte de la Pride et de nos revendications mais souhaite pourtant à nouveau y participer.

Malgré notre position, nous avons parfaitement conscience que le cas de la N-VA est un débat particulièrement sensible, en raison des polémiques liées à sa participation les dernières années, mais également en raison du rôle de premier plan de ce parti dans la politique belge, y compris à la tête de plusieurs administrations en charge de l’égalité des chances ou de l’asile et de la migration.

Lors du conseil d’administration de la Pride, la RainbowHouse Brussels, qui compte pour un tiers des voix, a également voté pour la non-participation de tous les partis politiques à la parade, considérant que ce n’est pas leur place, mais sa position est restée minoritaire, voilà pourquoi la N-VA peut aussi défiler cette année.

 

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